La démarche
Un espace où l’intelligence africaine rencontre l’expérience africaine pour penser l’action africaine.
Constantin Atsu ANAGOPromoteur d’Agora Négritude
Lecture : 6 minutes
Agora Négritude est née d’une invitation : nous retrouver pour penser l’Afrique autrement et prendre notre part dans la construction de l’Afrique de demain.
Lors de notre première rencontre, le 4 septembre 2026 à Paris, j’ai reçu la présence de chacun comme un double engagement. Un oui adressé à ma personne, que j’ai accueilli comme une marque de confiance. Mais aussi un oui à quelque chose de beaucoup plus grand que moi : un oui à l’Afrique.
Un oui à l’idée que nous pouvons, chacun à notre niveau, avec notre parcours et nos compétences, contribuer à son avenir. Cette confiance est au commencement de notre démarche. À celles et ceux qui l’ont rendue possible, et à celles et ceux qui la rejoignent, je veux d’abord dire merci.
Pas l’Afrique que l’on imagine.Pas seulement celle que l’on raconte.L’Afrique telle qu’elle est.
Connaître les réalités de nos sociétés. Comprendre nos économies, nos institutions, nos systèmes éducatifs, notre agriculture, notre industrie, notre énergie et nos finances publiques. Comprendre nos réussites et avoir aussi le courage de regarder nos échecs.
Penser l’Afrique, c’est être capables de poser nous-mêmes nos diagnostics : à partir des faits, des chiffres, des enquêtes, des rapports, de la recherche et de l’expérience de ceux qui agissent.
Et ensuite seulement, nous ferons notre propre opinion.
Nous allons beaucoup parler de l’Afrique. Nous allons établir des diagnostics et expliquer ce qui ne fonctionne pas. Mais il faudra ensuite nous poser une autre question :
Que faisons-nous ?
Notre réflexion doit aussi nous conduire à repenser les outils, les moyens, les dispositifs et les mécanismes de l’action publique. Sur chaque sujet, nous devons avoir le courage de poser quatre questions simples :
C’est cette exigence qui doit guider notre travail : comprendre suffisamment pour être capables de proposer.
Je crois profondément que nous en sommes capables, parce que nos parcours et nos compétences sont multiples.
Parmi nous se trouvent des ingénieurs, des économistes, des financiers, des juristes, des spécialistes des ressources humaines, de l’agriculture, de l’énergie, de la data, de l’urbanisme, de la pédagogie et de la santé. Il y a des consultants, des managers, des étudiants et des professionnels.
Il y a aussi des docteurs, des chercheurs, des femmes et des hommes qui ont consacré des années à approfondir un domaine de connaissance.
Cette diversité est notre première richesse.
Personne ne sait tout. Et personne n’a besoin de tout savoir. Mais chacun sait quelque chose. Chacun a appris quelque chose. Chacun a vécu quelque chose. Chacun porte une pièce du puzzle.
Alors peut-être que notre responsabilité commence simplement par là : mettre les pièces ensemble.
Je suis convaincu d’une chose : nous sommes déjà, ou nous deviendrons, des acteurs de l’Afrique de demain.
Certains participeront à la construction de nos entreprises. D’autres à celle de nos administrations, de nos universités, de nos infrastructures, de nos économies et, peut-être, de nos institutions.
Et si un jour vient le temps pour nous d’agir, ce jour-là, il sera trop tard pour commencer à apprendre.
Il faut se préparer avant.Il faut comprendre avant.Il faut travailler avant.
Il faut se lever tôt. Très tôt.
Et, s’il le faut, il faudra aussi réveiller ceux qui dorment encore.
C’est cela que je propose à travers Agora Négritude.
Je propose de construire progressivement une cellule de réflexion stratégique africaine.
Un espace où l’on apprend, où l’on confronte les idées, où l’on transmet, où l’on débat et où l’on propose.
Un espace où l’intelligence africaine rencontre l’expérience africaine pour penser l’action africaine.
Cette démarche ne naît pas de rien.
Bien avant nous, d’autres se sont retrouvés, souvent loin de leur terre. Ils ont pensé, écrit, débattu. Ils se sont opposés aussi. Mais ils ont porté un combat essentiel : faire reconnaître la dignité, l’identité et la capacité de l’homme africain à penser son propre destin.
Aimé Césaire.
Léopold Sédar Senghor.
Léon-Gontran Damas.Et, avec eux, toute une génération.
Ils avaient les questions de leur époque.Nous avons les questions de la nôtre.
Ils ont dû affirmer que l’Afrique pouvait penser par elle-même. Et Frantz Fanon nous avertissait déjà :
Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.
À notre génération, maintenant, de démontrer qu’elle peut aussi construire par elle-même.
Voilà pourquoi j’ai choisi ce nom : Agora Négritude.
parce que nous avons besoin d’un lieu pour nous retrouver, confronter nos idées et construire ensemble.
parce que nous savons que nous ne sommes pas les premiers à prendre la plume, la parole et la pensée pour interroger le destin de l’Afrique.
Nous sommes des héritiers.Mais nous ne sommes pas ici uniquement pour hériter.Nous sommes aussi ici pour bâtir.
Je ne sais pas encore jusqu’où cette aventure nous conduira. Mais je sais une chose : elle commence avec nous.
Avec nos différences.Avec nos compétences.Avec notre volonté de comprendre.Et, je l’espère, demain, avec notre capacité à agir.
Merci pour votre confiance.
Et maintenant, que les choses commencent.
Constantin Atsu ANAGOPromoteur d’Agora Négritude